CHAMPIONNAT DE FRANCE ULM : BLOIS 2010

L’envers du décor, le revers de la médaille

 

 

Toute participation à une compétition est l’aboutissement d’une année de préparation ; tant sur le plan matériel, que de l’organisation du déplacement, que de l’entrainement au pilotage, etc. …

 

En vol toute l’année (dès que la météo est favorable), l’entrainement y est !

Malgré un hiver long de six mois (entre coupé de 2 vols : à Noel et Nouvel An) et un championnat avancé de deux mois ; le mois d’avril suffira juste à une petite ‘’remise en vol’’.

L’organisation du déplacement : une formalité ! Tous les week-ends de l’année sont prétextes à s’évader avec ‘’paramoteur et bagages’’. Une après-midi pour préparer tout le matériel, et une autre après-midi pour charger … nous voilà en route pour BLOIS 2010.

Pour la préparation du matériel volant, dont l’entretien est une priorité quotidienne ; là aussi ce n’est qu’une formalité : ‘’ Y’a qu’a charger !’’. Toutes les révisions ont été faites pendant l’hiver. Le moteur a même eu droit à un ‘’lifting’’ !

 

Théoriquement, sur le papier tout est OK.

Mais c’est bien, quand tout va bien … que tout va mal !

 

A cinq jours du départ, je relève 2 amorces de soudures. Pas de panique !!!

Merci Francis, qui soudera les 2 amorces.

 

A deux jours du départ, nouvelle ‘’catastrophe’’ : le moteur qui tourne comme une horloge depuis le toujours et qui a eu droit à une ‘’cure de jouvence hivernale’’, a un piston malade et un cylindre pas en meilleure forme !!!

Merci à mes collègues de travail ; qui comprendront l’urgence de la réparation et me permettront de prendre une demi-journée de congé en plus pour réparer.

Merci à LORAVIA, motoriste de Yutz, qui réparera le moteur entre midi et deux ; ce qui me permettra de remonter le moteur le soir même sur la machine … il démarre à nouveau … il restera à faire le rodage en compétition  … la vie est un long fleuve tranquille !

 

A 24h du départ : tout est enfin prêt. Restons zen, la météo annonce des conditions exécrables toute la semaine à venir : pluie et vent fort … mais quand on aime … on y croit toujours.

 

Vendredi 8 mai et 600 kilomètres plus loin : Françoise et moi arrivons sur l’Aérodrome de Blois. Nous retrouvons nos amis-concurrents (Joseph et tout le Club Atlantic Paramoteur) des années précédentes : les passionnés du paramoteur sont tous là.

 

A notre arrivée le samedi, nous nous préparons à des journées d’attente interminable. Les conditions météorologiques sont pluvieuses, brumeuses et le vent ne va pas cesser de la semaine.

 

Nous passons la journée à regarder le ciel, en espérant une météo plus clémente.

 

Les cinq premiers jours seront propices aux retrouvailles : il pleut, il vente, sans autre espoir que cela ne se dégage avant le jeudi.

Trois jours de compétition en perspective … petit Championnat !

 

 

Heureusement le mercredi, la pluie cessera.

Le championnat avait commencé par un temps plus que maussade : brume, plafond super bas, pluie, vent, etc ... Quand le ciel du mercredi a bien voulu nous accorder un petit créneau de vol, Alain (notre directeur de course) nous lance 3 épreuves enchainées …

 

5° au sol,  je n’ose même pas imaginer la température en altitude ! Nous allons rencontrer quelques gouttes de pluie en cours de route et une température négative : « pourvu que l’on puisse aller, jusqu’au bout de l’épreuve !!! »

 

1ère  épreuve : navigation imposée avec photo, où il faut voler le plus vite possible en suivant un tracé dessiné sur la carte, tout en cherchant à repérer des points remarquables (que l'on a en photo) et que l'on doit reporter sur notre carte. Avec un atterrissage sur un autre terrain ulm, où on nos donnera la carte de la 2ième épreuve.

2ième épreuve : navigation avec un maximum de balises à reporter, toujours sur la carte et finir au plus tard une heure après le début de l'épreuve, qui démarrait à l'atterrissage de la 1ère  épreuve ! Toujours dans ce froid et cette humidité, nous faisons une pause avant le décollage. Je cherche des sucres lents pour Françoise ; qui était gelée, voir congelée.

Les conditions de vol étaient vraiment difficiles, certains ne sont pas repartis.

D’autres ont pris des raccourcis : ‘’Au diable les photos’’, ce sera des points en moins, mais une manche validé par l’atterrissage au dernier terrain ! Ce fut aussi notre choix.

 

3ième épreuve : Au retour de ces 2 épreuves, l’après-midi ; il y aura un parcours de maniabilité à réaliser : qui consiste, à faire un slalom entre des piquets et à en toucher quelques uns dans un ordre précis. Le vent était assez fort et bien turbulent, alors nous avons surtout assuré les piquets, plus que le chrono.

 

 

Le jeudi, le vent ne veut pas baisser, mais le soleil commence à pointer son nez

4ième épreuve : encore une navigation avec survol d'un maximum de balises en une heure, mais avec une subtilité supplémentaire : il fallait déclarer le nombre de balises qu’on pensait pouvoir valider en 1h … avant de décoller !

On joue la sécurité, craignant un vent plus fort que prévu ... En fait il ne l'était pas, et nous bouclons le parcours avec une marge temps confortable.

 

5ième épreuve : L'après-midi, nous devons vider l'essence de nos machines, pour ne remettre que trois litre de carburant. Le but de l'épreuve étant de voler le plus longtemps possible et de se reposer sur le terrain de décollage.

Le problème, c'est que le Championnat se joue pour nous ici, sur les épreuves de conso : notre moteur consomme 18 l /h, alors que nos concurrents ont des moteur plus récents à 7/9 l/h.

Nous avons juste le temps de décoller et atterrir pour valider la manche.

 

 

Le vendredi, le soleil se fait plus présent et le vent plus modéré … enfin des conditions de vol normales ! Briefing pilote : 7h !! Nous sommes repartis sur les chapeaux de roue pour 1 navigation et 1 épreuve d’économie. Dire qu’à l’Armée, il faut 7 heures de préparation pour 1 heure de vol ; nous nous avons à peine droit à 7 mn de préparation pour heure de vol ! Compétition oblige.

 

6ième épreuve : Les organisateurs, jamais à court d’idée, nous relancent en navigation surprise. Ils ont l’art de revisiter l’exercice, à souhait ; et susciter l’envie de se piquer au jeu à chaque fois par tous les compétiteurs.

En fait, il s'agit d'une navigation imposée avec un tracé qui serpente sur la carte à suivre et deux photos à trouver. On commence par suivre le trait en cherchant une des 2 photos. Dès qu'on trouve la première, on doit quitter le trait pour se diriger vers un point A marqué sur la carte et en chemin on doit trouver la deuxième photo. A partir de la deuxième photo, on doit se diriger vers un point B, d'où part un deuxième tracé, qui nous amènera au terrain ulm de OUCQUES (et bien sur, il y a des balises cachées sur le parcours, que le GPS de compétition enregistre, si on passe par dessus). Petite subtilité supplémentaire : un horaire de décollage, nous est donnée à chacun au briefing ; et nous n'avons pas le droit de décoller avant. Mais le chrono démarre à partir de cette heure théorique ! Ce qui veut dire, qu'il ne faut pas trainer et partir au plus vite.

Cette navigation nous emmènera au terrain du club organisateur, où nous attend un pique-nique

 

7ième épreuve : une économie-distance de 28km (minimum) en un minimum de temps. Y’a du taf ! Sur place, defuelling + fuelling (4,5 l) ; et déjeuner avant de repartir en éco.

Objectif : revenir au terrain de Blois-Le Breuil en vol sans se vacher (on n'a que 4,5 litres !). Et si possible, aller le plus loin et revenir se poser au Breuil ! Le problème c'est que le ciel se bouche... Notre moteur consomme 18 litres/heure, inutile de dire qu’avec 4,5 litres d’essence nous n’irions pas loin … nous ne participerons pas à la manche !!!

Nous rentrons au terrain en vol … mais avec le plein d’essence ... «On veut bien faire de la compétition pour s'amuser, pousser plus loin notre passion du vol, histoire de rester encore un peu plus la tête dans les nuages ; mais l’essentiel est de garder la machine (et nous) en un seul morceau et être le cas échéant sur le podium en toute sécurité ».

 

Pour finir cette avant dernière journée, Alain fait sortir 2 pylônes gonflables de 12m pour une mania en huit. Le jeune Alex mettra une ‘’raclée’’ à tout le monde.

 


Le samedi pour finir le championnat, on a eu droit à une :

9ième épreuve : de maniabilité ‘’espagnole’’. Le vent était présent, sans pour autant gêner ... Nous n’avons pas vraiment attaqué sur la mania ; d'autant que nous avons plus à perdre, qu'à gagner. En cas de piquet loupé, la sanction pourrait être lourde ... on pourrait perdre la 3ième place : du coup, nous assurons le parcours, sans faire d’étincelles.

 

10ième épreuve : précision d’atterrissage.



Cette année, avec l'absence de championnat international, le championnat de France est devenu un Open International : 100 inscrit, dont 17 étrangers.

 

Merci à tous ceux, qui ont participé de près ou loin, à ce que ce championnat soit une réussite ;

et nous a permis de remporter la médaille de bronze cette année.

 

 

           

 

 

 

 

N’oublions pas notre ‘’coach’’ Virago, en totale réflexion sur la stratégie à tenir …

 

 

… tout au long la semaine !